Chaque année, une problématique... 2005-2 - Pôle médico-Judiciaire de l'Archet à Nice

En 2003, je travaille sur la thématique de la protection de l’enfance, de façon autonome, et je prépare un dossier qui peut me servir de base pour que le Conseil régional, si je suis élue, s’empare de ce domaine d’intervention.

 

En voici les principaux arguments :

 

Le 16 octobre 2003

En cette semaine de l’enfance meurtrie dont les blessures ne se referment jamais, je me permets de vous adresser les prémices d’un projet qui me tient à cœur et que je souhaite mettre en œuvre si je suis élue Conseillère Régionale.

Ce projet s’inscrit dans une approche écologique des Solidarités qui concernent autant l’aspect préventif que curatif des souffrances dont sont victimes les générations montantes que nous nous devons de protéger.

Ce projet concerne également toutes les formes de violence qui sont exercées sur les femmes bien des années après et malgré nos combats des années 70.

A cela s’ajoute tout ce qui relève de la violence de  la route dont nos enfants sont souvent les premières victimes innocentes.

 

Ce projet sur les maltraitances requiert discrétion dans son application et évitement de faux pas qui peuvent mettre en péril sa réussite.

 

Ce projet est bien évidemment à l’état d’ébauche et demande à être approfondi en fonction de la connaissance de la structure de l’instance régionale. Ce que je n’ai pas. Mais je suis prête à m’y investir totalement. Je n’oublierai pas le statut des enfants atteints de handicaps, neurologiques, génétiques et moteurs. Ceux-là aussi sont concernés par la violence que leur ont faite leur naissance et la vie.

 

                                                                                  Micaëla DARMON-VASSILEFF

 

 

Ce document a été rédigé avant que le gouvernement Raffarin prenne la décision de créer un observatoire de la maltraitance le 10 septembre 2003.

 

Le secteur « Le secteur de la Sécurité et de la Prévention » du Conseil Régional  comprend entre autres :

§         Enfance :

* Incitation au combat  contre les maltraitances ;

* Favorisation de l’aide éducative aux enfants socialement défavorisés

* Soutien des adultes dans leur rôle de parents.

§         Famille :

* Promotion des médiations familiales

§         Femmes :

* Favoriser les conditions d’une réelle égalité des femmes

* Favoriser l’accueil et l’hébergement des femmes en grande difficulté

* Favoriser l’accès ou le retour à l’emploi

* Prévenir les violences envers les femmes

§         Promotion de la citoyenneté :

* Soutien des actions de sensibilisation contre l’intolérance et le racisme.

* Favoriser l’implication individuelle et collective dans les affaires de la    Cité

* Aide à la promotion de la citoyenneté auprès des jeunes.

 

Elue, je souhaite travailler plus particulièrement sur la prévention des maltraitances envers les enfants et les femmes. Cela passe bien évidemment par un travail éducationnel en amont qui ne peut se faire que par la promotion de la citoyenneté en relation avec tous les acteurs impliqués sur le terrain de l’enfance. Enseignants, associations, travailleurs sociaux,  médecins libéraux et hospitaliers, médecins scolaires, organismes de prise en charge de la petite enfance (halte-garderies, crèches, assistantes maternelles, etc.) ainsi qu’avec les législateurs, les magistrats et la  police. Cela en synergie complète avec les Conseils généraux et d’autres Conseils régionaux.

Tant que la classe politique n ‘aura pas pris conscience que la maltraitance envers les femmes et les enfants est de même nature, que le problème doit se régler de façon politique en donnant les moyens  de la prévention à toutes les structures qui peuvent permettre de la combattre efficacement, alors nous les verts ne pourront jamais passer du concept au pragmatisme et mettre en œuvre les principes du développement durable.

Il faut cesser de se retrancher derrière les associations et derrière les organisations humanitaires. C’est un problème mondial. Il faut cesser de se murer dans un silence qui aggrave la détresse sous prétexte que les équilibres politiques pourraient être mis en cause.

Pédophilie, abus sexuels de tous ordres, violence physique et psychologique sur les enfants, violences conjugales, prostitution enfantine, prostitution  d’adolescentes et d’adolescents institutionnalisée par des réseaux proxénètes internationaux, travail des enfants ont tous une même origine : la carence totale en matière de prise en charge des victimes qui deviendront à leur tour bourreaux et/ou parents maltraitants, la non-prise en compte des causes sociales, (bien que ces violences et abus sexuels soient constatés dans tous les milieux, défavorisés et aisés) et l’ignorance volontaire et délibérée de tous les mécanismes de profit induits par un marché mondial du commerce des plus faibles où l’enfant est exploité par les médias, les publicitaires et toutes sortes d’industries aux buts plus ou moins avouables.

Il faut casser cette internationale de la violence et cette mondialisation des maltraitances.

Aujourd’hui, seules la droite et l’extrême droite ont un discours démagogique sur le problème proposant des solutions exclusivement répressives d’éradication de ce fléau social.
Les actions mises en œuvre sont des actions parcellaires, parce que les structures sont éclatées au sein de différents services de l’état et ont chacune leur propre espace d’intervention sans lien direct les unes avec les autres. Or ce phénomène doit être traité dans sa globalité en mettant en place une antenne de centralisation qui pourrait rediriger les victimes vers la structure adaptée.

Or, là, c’est exactement le contraire qui se passe. Ce sont les structures (Associations, Police, DASS, Justice, éventuellement Hôpitaux) qui vont traiter chacune une partie de la maltraitance, selon leurs compétences propres et morceler l’enfant ou la femme victime sans lui apporter réellement de soutien et d’aide. Ceux-ci sont tour à tour enfant et femme  justiciables, citoyens, malades, blessés (et quelquefois « coupables ») selon leur interlocuteur alors qu’ils sont tout cela à la fois. Les temps de réponse sont trop longs ou inadéquats. La connaissance de la victime prise dans son ensemble  permet alors d’agir plus vite pour une réelle prise en charge sans lui imposer la confrontation avec les méandres de l’administration.Parmi toutes les pistes de travail envisagées, la proposition principale que nous pourrions faire serait la création de ce lieu d’écoute et de parole (si souvent niée) des victimes,  instaurant les conditions du soulagement,  de la déculpabilisation, de la protection, de la dignité et dans le même temps du suivi psychologique et social de ces mêmes victimes et de la personne maltraitante.

Le volet répressif doit exister mais en bout de chaîne parce que crime il y a lorsqu’il s’agit de maltraitance envers les plus faibles.

Bien sur, cela passe aussi par la lutte contre la précarité dans certains cas et du suivi des familles à risques pour que la prévention soit effective.

Comment articuler cette proposition avec les compétences du Conseil Régional  sans se substituer à la compétence des Conseils Généraux : il faut lancer le projet et assurer sa concrétisation, en liaison étroite avec ceux-ci, les Associations et tous les services de l’état et de faire que le Conseil Régional devienne dans ce domaine, la référence institutionnelle.

Une porte est entre-ouverte , à nous de l’ouvrir complètement et d’exiger les budgets correspondants pour mener à bien ce qui est de  la défense des droits de l’enfant et des femmes.

Protéger nos enfants, leur éviter la maltraitance, c’est aussi appliquer les principes du développement durable en combattant tous les responsables de la course au profit et les conséquences d’une politique sociale et environnementale qui nous mène au désastre vers une   société désertique basée sur l’individualisme.

Agissons pour que nos enfants ne subissent plus la loi du plus fort.

                                                                                  Micaëla  DARMON-VASSILEFF

                                                                                  Mougins le 2 août 2003

 

Des statistiques plus récentes évoquent le chiffre de 86000 enfants subissant toutes les  formes de maltraitances.

 

En novembre 2005, informée par un reportage d’FR3, j’apprends que le
Dr. H. Haas, Chef de Service des Urgences pédiatriques de l’Archet à Nice vient de mettre en place une cellule médico-judiciaire de prise en charge des enfants et adolescents maltraités.

Je le rencontre à plusieurs reprises pour étudier la façon dont le Conseil régional pourrait être associé (comme au CHR de Carpentras) à cette structure multipartenariale, composée du Ministère de la Justice, de la Police Nationale, de la Gendarmerie, du Conseil Général et de la Ville de Nice.

 

Ce pôle correspond exactement à mon projet de lieu unique d’écoute et de soins pour les enfants maltraités ainsi que je l’envisageais en 2003.

 

J’écris au Procureur Eric de Montgolfier pour lui en soumettre l’idée, qui me répond très courtoisement en m’expliquant que cela ne dépend pas de lui.

 

A cette date de 2005, le Conseil Régional ne peut encore entrer dans la structure.

Mais je ne perds pas espoir et  reste en relation avec le Dr. H. Haas me disant « que tout vient à point qui sait attendre ».