Chaque année, une problématique... 2006 - La Délinquance.

Fin 2005, ont lieu les émeutes dans toutes les banlieues de France.

Dans le monde entier, la France est présentée comme un pays à feu et à sang, au bord de la révolution.

 

Voici ce que j’écris début 2006.

 

 


"EMEUTES OU JEUX PERVERS

 

Les « émeutes »  - ou carnages de novembre 2005 - des banlieues dont les médias s’ingénient à vouloir commémorer l’anniversaire, ravivant de ce fait des tensions latentes, n’ont à ce jour produit comme effet qu’un désintérêt délibéré de la part du gouvernement. Que ce soit le Président de la République, son Premier ministre ou son Ministre de l’Intérieur dont on sait que les préoccupations sont d’une toute autre dimension qu’il exprime à grand renfort de gesticulations maniaques, aucun n’a mis en œuvre les promesses qu’ils avaient faites de donner à ces jeunes les possibles repères qui leur manquent. Le gouvernement a laissé venir le pourrissement.

Bien sur, on pourra trouver toutes sortes de justification au caillassage des pompiers, des médecins et de la Police, aux incendies de la bagnole du voisin et aux agressions gratuites mais il n’en reste pas moins que les analyses qui ont suivi, sur la responsabilité sociétale, sur l’exclusion, sur la ghettoisation, etc. ont fait l’impasse sur le fait que cette minorité  agissante n’a pas été capable  d’inscrire ses actions dans une perspective politique au long terme.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces 3 semaines si ce n’est un durcissement  législatif prôné par Sarkozy, si ce n’est le constat des échecs successifs de toutes les politiques d’insertion et d’intégration, si ce n’est la recrudescence et le retour des violences qui arrangent bien Sarko et son obsession de la Sécurité pour asseoir sa campagne, si ce n’est une répression accrue et le dégoût de toutes ces populations qui vivent cela au quotidien.

Que reste-t-il de ce que certains ont défini comme « un appel au secours » d’une partie de cette jeunesse dilapidée ?

Rien, sinon qu’ils ont fait le lit de l’idéologie totalitaire et qu’ils servent les intérêts de la droite la plus dure.

 

Micaëla DARMON-VASSILEFF"

 

 

Il faut répondre à l’actualité, surtout que la pré-campagne présidentielle va bientôt commencer pour nous la Gauche, tous partis confondus.

Nous allons, au Conseil régional,  nous attacher cette année là,  à favoriser des actions de prévention de la délinquance à travers des Associations  dûment répertoriées, sures et qui ont déjà fait leurs preuves. Les conditions d’attribution des subventions sont drastiques. Le responsable de la Mission connaît tout le tissu associatif de la Région et les rencontre lorsqu’il s’agit de vérifier la légitimité d’un projet.

J’en rencontre quelques unes également, mais mon souci est de faire en sorte que ces jeunes accèdent à la citoyenneté.

 

C’est à partir de l’été 2006, que j’écoute avec intérêt les prises de position de Ségolène Royal sur la question. Elle est jugée par ses adversaires comme politiquement incorrecte. Elle ose déclarer que pour les primo-délinquants, il vaut mieux, comme alternative à l’enfermement, les faire participer à des chantiers humanitaires encadrés par les Pompiers  ou l’Armée.

 

Où est là, le politiquement incorrect ?

 

Il y a tant de jeunes qui se suicident en prison parce que les conditions de survie y sont inacceptables et scandaleuses qu’il vaut mieux que leur peine s’effectue dans des engagements de solidarité, même si ceux-ci sont imposés.

Et pourquoi pas encadrés par les pompiers qui un est corps de l’armée, pourquoi pas au sein de certains régiments spécialisés dans les secours.

Les règles du vivre ensemble y sont strictes mais ces jeunes sans repères en sont demandeurs.

 

Je n’y vois pas à redire. Je suis en accord total avec Ségolène. (sur cela et bien d’autres choses).

 

Il y a aussi de ces adultes qui s’enfoncent dans la délinquance… Ceux-là, selon le délit, doivent être sanctionnés plus ou moins sévèrement.

 

Mais cette petite délinquance, cette délinquance d’enfants perdus, ne doit pas masquer la délinquance en col blanc. La délinquance économique, sociale, qui profite à ceux qui en maîtrise le système au détriment des plus pauvres. Et souvent sans être sanctionnés.

On voit d’ailleurs aujourd’hui, le résultat de cette délinquance économique, la crise bancaire, où les placements les plus hasardeux ont été fait en toute connaissance de cause, dans la volonté du profit avec l’argent des clients.

Et le fruit de nos impôts va servir à renflouer les banques qui continuent à écraser les plus pauvres et à les surendetter encore plus.

Ségolène l’avait préconisé, un droit de regard de l’état sur les frais bancaires.

 

Hallucinant … Les salariés mis au chômage, les RMIstes, doivent faire face aussi à des banquiers intraitables, inhumains qui veulent surtout préserver leurs actionnaires.

 

Je ne m’éloigne pas tant que ça des émeutes de 2005. Les mouvements sociaux ont pris une telle ampleur depuis quelques mois que ce ne sont plus que les jeunes des cités qui pourraient entrer en insurrection.