Chaque année, une problématique... 2008-3 - La sécurité routière avec les Francas

Le projet sur lequel nous avions travaillé les Francas et moi-même voit le jour en 2008.

Ce dispositif va s’exercer sur toute l’année 2008 et une partie de l’année 2009.

Le thème est «  Sensibiliser les 3/25 ans à la Sécurité Routière pendant leur temps libre ».

 

Enfin, je peux, à travers cette association, envoyer ce message qui me tient à cœur, sur la protection des jeunes et des moins jeunes, lorsqu’ils sont conducteurs, passagers et piétons  sur la route.

 

Ce que je n’ai pu réaliser avec les communes, je le concrétise avec l’appui des Francas sur une population de 450 enfants environ sur les Alpes-Maritimes.

 

Ce projet met en œuvre des activités de sensibilisation à la Sécurité routière dans les accueils collectifs de mineurs.

Lors de la journée départementale qui se déroule à Mouans-Sartoux, je peux apprécier la motivation des enfants à travailler sur cette thématique. Ils se sont particulièrement impliqués tout au long du premier semestre et ont produit des travaux que l’on peut constater sur les différents stands.

Les équipes des Francas ont fait là aussi un travail remarquable et le Conseil régional a été mis en valeur. Banderoles, drapeaux et logo tout y est pour marquer la présence de la Région et l’intérêt qu’elle porte à la protection des jeunes.

 

Voici le discours que je prononce ce jour là :

 

« Bonjour à toutes et tous,

 

Aujourd’hui, nous sommes ici pour saluer le travail accompli par les Enfants des centres de loisirs des Francas 06, durant ce premier semestre 2008 et j’ai l’honneur de représenter le Président du Conseil Régional Provence Alpes côte d’Azur, Monsieur Michel VAUZELLE.

Les Francas auxquels je rends hommage pour ce qui les anime, à savoir l’ éducation à la citoyenneté et à la solidarité et à toutes les valeurs républicaines qui les guident.

Mais avant de vous parler de l’implication du Conseil Régional en matière de Sécurité Routière, je souhaite remercier  tout d’abord André ASCHIERI qui nous accueille à Mouans Sartoux pour cette 11ème Journée Départementale de l’Enfance. Je sais qu’André est sensible à cette thématique puisqu’il mène des actions de Prévention Routière dans sa commune tout au long de l’année avec succès et qu’il  est également sensible à tout ce qui relève de l’éducation citoyenne.

Je vois dans l’assistance, des conseillers municipaux qui me connaissent depuis longtemps et qui soutiennent mes coups de cœur pour les thèmes que je défends au sein du Conseil Régional. Je cite Monique Kerverdo, ex conseillère municipale de Mouans-Sartoux, de Valentine Loudoux et Bruno Estampe, Conseillers municipaux de Grasse…

Je remercie également, Jean Christian Sinsoilliez, Responsable de la Mission Sécurité au Conseil Régional qui supporte mes états d’âme et mes coups de gueule depuis 4 ans et fait à chaque fois, le maximum pour faire mener l’étude des dossiers auxquels je suis sensible et cela le plus rapidement possible.

Je remercie également, Madame Christine PEREZ,  Responsable du SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation)  de Draguignan et Jocelyn ICKIEWICZ, qui assure la formation interne des surveillants de prison à Draguignan.

Ils sont confrontés quotidiennement à la délinquance routière dans leur mission puisqu’une grande partie des détenus incarcérés à Draguignan le sont pour des délits routiers.

Je remercie aussi  le Major Jean Nicolas CATANESE, Responsable de Brigade de Prévention de la Délinquance juvénile de Nice qui intervient régulièrement sur la Prévention et la Sécurité Routière auprès des jeunes.

Je remercie également de leur présence Monsieur RESTELLI, Président de la LCVR, qui a participé en tant qu’intervenant à cette action que Les Francas 06 et moi-même avons mis en place cette année.

Je remercie aussi l’automobile Club de Provence qui a apporté sa contribution à la réalisation de ce dispositif.        

Bien évidement, je remercie les responsables départementaux des Francas 06, Christophe ETTORE qui nous quitte mais sans nous abandonner (également adjoint de Marc Daunis  Maire de Valbonne), Sami Cheniti et Pierre Benhalla qui ont eu la charge de mettre en œuvre ce dispositif à partir d’un projet partagé avec les Directeurs et Animateurs des centres aérés et surtout, mes remerciements les plus affectueux à tous les enfants, nos chères petites têtes blondes, brunes et rousses qui se sont investi pendant plusieurs mois sur ce thème et qui nous donnent une leçon de courage.

Je voudrai d’ailleurs qu’on leur fasse une standing ovation car c’est leur prise de conscience que nous honorons ici.

 

Le Conseil Régional depuis 4 ans s’implique dans différentes actions relevant du secteur de la Prévention Routière.

Il s’agit non seulement d’affirmer notre volonté politique mais aussi de concrétiser une politique interventionniste en la matière.

Nous ne pouvons agir sur les compétences régaliennes de l’état comme celle de l’aspect législatif  mais nous pouvons donner l’exemple en soutenant toute une série de projets.

On sait que la Région Paca est un des plus mauvais élèves en termes de Sécurité Routière et le département des Alpes Maritimes un des premiers pour le nombre de tués sur la route.

Michel Vauzelle, le Président de Région, conscient de cette dramatique particularité a intégré dans le budget régional une grande part de financement pour la Sécurité Routière et ce au travers de la Commission que je préside.

Rien que pour le premier semestre 2008, la Région a financé pour 152 000 € d’actions sur ce thème, soit dans le cadre des CLSPD, soit dans le cadre d’interventions dans les Lycées, soit encore dans le cadre d’actions de prévention routière menées par l’association ARSIDE avec les mineurs à la Prison de Grasse et comme dans cette action sur une année avec les Francas.

Il en va de notre devoir politique de nous substituer à un état défaillant quand les actes ne suivent pas les discours.

 

Je ne reviendrai pas ou un peu quand même sur les statistiques, même si vous les connaissez mieux que moi, elles restent effroyables même si on note une diminution du nombre des victimes et certainement grâce et surtout au travail de terrain que vous faites tous.

Le nombre d'accidents corporels a augmenté de 1,2 %, pour atteindre 81.272 en 2007. Moins de morts, plus d'accidents, c'est la preuve que la plupart des actions des pouvoirs publics sont inefficaces mais que les voitures sont de plus en plus sûres.

Le plus détestable est que les pouvoirs publics s'approprient le bénéfice des statistiques favorables.

L’alcool est devenu la première cause d’accident de la route depuis 2006, devant la vitesse. 1.031 décès et 4.790 blessés hospitalisés sont attribuables à l’alcool.

La part des conducteurs impliqués dans un accident mortel avec une alcoolémie égale ou supérieure à 0,5 g/l d’alcool dans le sang est en légère augmentation.

À l’inverse, la baisse des vitesses sur les routes, enregistrée depuis 2002, se vérifie toujours en 2007. Les dépassements de la limitation autorisée de plus de 10 km/h reculent pour les véhicules légers, sont stables pour les poids lourds et remontent pour les motocyclettes. Quant aux grands excès de vitesse (de plus de 30 km/h), ils persistent dans les mêmes proportions que l’an dernier.

900 vies auraient pu être épargnées et plus de 7.000 blessés hospitalisés évités en 2007 si tous les conducteurs avaient respecté les limitations de vitesse autorisées bien que la plupart des accidents mortels éventuellement liés à la vitesse ont pour cadre des petites routes hors agglomération. Autrement dit la prolifération des radars automatiques sur les autoroutes et les grands axes n'y changeront rien. Ce sont des mesures inadaptées mais rentables pour les caisses de l'Etat.

Mais rappelons nous que  d’après les différents observatoires, bien que les chiffres soient faussés puisque l’état nous donne le nombre de tués chaque fin de mois alors que la règle veut qu’on comptabilise les personnes décédées 30 jours après l’accident. En fait les chiffres de juin devraient nous être donnés fin juillet ou début août et non fin juin.

La route a tué en 2006,  1000 jeunes de 15 à 25 ans. Que chaque année en France, la route tue et blesse plus de 100 000 personnes.

C’est la raison pour laquelle, la prise en compte et la sensibilisation aux risques liés à la vitesse, à l’alcool, à l’inexpérience, à l’ignorance doivent être la base d’une éducation à la conduite.

Levons  le voile sur la violence routière et sur les dangers que vous et vos passagers courent au volant.

Actuellement, nous assistons à une recrudescence d’un  cocktail fatal: Route, drogue et alcool.

L’alcool et les drogues comme le cannabis multiplient les risques d’accident. Les drogues tout comme l’alcool rétrécissent le champ visuel, altèrent l'appréciation des distances et des largeurs et diminuent les réflexes.

Par ailleurs, je sais que vous avez travaillé sur le thème de l’Environnement l’an dernier et il faut que chacun sache que plus on roule vite, plus la voiture émet de gaz carbonique et plus elle participe à la pollution et à la destruction .de la couche d’ozone, que plus on roule vite, plus on consomme de carburant et au prix où est l’essence aujourd’hui, il vaut mieux faire des économies. Mais aussi que plus on roule vite, plus le risque d’accident est important et plus il est grave s’il se produit.

En fait, la seule maxime qu’il faut avoir en tête, et je vais citer une phrase de la LCVR, c’est que ce ne sont ni la voiture ni la  route qui tuent mais le conducteur…

 

La France est le pays d’Europe qui compte le plus de tués sur la route.

Et un enfant accidenté sur deux l’est en tant que passager d’une voiture.

 

On peut imaginer toutes les causes à ce lamentable record : répression insuffisante et législation trop laxiste, relation perverse à sa voiture (symbole phallocratique, sentiment de toute-puissance), stagnation du développement des transports collectifs, déni du savoir-vivre ensemble, négation du sens civique, individualisme forcené, la liste n’est pas exhaustive…

 

 

La sécurité routière passe avant tout par la prévention et l’apprentissage de la citoyenneté. Considérer un véhicule (4 roues, 2 roues, motorisées ou pas), non pas comme une arme mais comme un outil qui peut améliorer les conditions de déplacement (principalement en zone à habitat dispersé ou rural) - à condition de mettre en place, entre autre, des réseaux de co-voiturage – doit être le préalable à un changement des mentalités.

Et c’est en tant que citoyenne, mère et grand-mère, que je vais m’exprimer maintenant et non en qualité de conseillère régionale. Je n’engage donc que moi et non le Conseil régional. Je suis favorable à un bridage des moteurs à l’échelle européenne ; à la limitation de la vitesse sur autoroute à 110 km/h  et à 70 sur les nationales et départementales ; à une suppression de la vente des voitures sans permis qui sont une hérésie quand on sait que n’importe quel chauffard qui a tué ou blessé et auquel on a retiré son permis de conduire, peut recommencer à tout moment avec un véhicule 4 roues même à 60 km/h parce que bien sur le vendeur ne lui demande pas son casier judiciaire.

Il faut arrêter aussi de construire des circuits automobiles pour enfants où la seule référence est l’association du plaisir à la vitesse car ce qu’il faut plutôt inculquer c’est que vitesse = danger de mort et non plaisir.

Et pour être encore plus radicale, je suis favorable à ce que le taux d’alcoolémie légal soit de ZERO pour tous les conducteurs d’engins motorisés ou pas, à 2 roues et à 4 roues.

En ce sens les actions menées dans le cadre des Capitaines de soirées lors des sorties de discothèques (je pense à la commune de Valbonne qui les a intégrées dans son CLSPD) ont entièrement mon soutien.

 

Mais tout le problème réside en fait dans l’image intériorisée que l’on a de son véhicule. Il est le prolongement de la propriété privée et du domaine réservé où tout est permis dans l’impunité la plus totale.

Or, c’est exactement le contraire, la voiture, est l’exemple même du principe de l’intérêt personnel qui se  substitue au principe d’intérêt général. Un code, celui de la route, qui sert de base aux conduites collectives est bafoué au prix de milliers de morts.

 

Et parce qu’il n’y a pas de guérison… Comment prévenir, comment protéger, comment préserver, comment éduquer ?

 

Faire de nos enfants de futurs adultes responsables, leur apprendre, de façon répétitive, quelles sont les bonnes attitudes en matière de prévention, c’est sauver des vies, présentes et à-venir.

Par les enfants, vecteurs de la parole et du comportement, on donne aussi aux parents les moyens d’une prise de conscience laquelle, à force de patience, peut modifier le cours des choses.

 

Ce projet que je considère comme un projet essentiel de vie à court, moyen et long terme, durable, soutenable, écologiquement préventif, ne peut se faire qu’en étroite collaboration avec vous tous car votre engagement et votre combat méritent d’être reconnus et soutenus par le monde politique.

Et parce que personne n’est à l’abri d’une défaillance, d’une seconde d’inattention, d’un malaise, nous sommes tous concernés. Cette prise de conscience doit se faire en amont, avant que le drame survienne et détruise des familles par ce qu’après, il est trop tard et que le travail de reconstruction s’élabore alors sur des cendres.

Il faut appliquer les principes de précaution et de prévention chaque fois que l’on prend la responsabilité de conduire.

 

Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir et je déplore et je conteste la publicité sur le vin qui a dédouané ainsi les consommateurs.

Cette publicité est irresponsable, absurde, suicidaire et meurtrière et met à mal tous les efforts que nous faisons tous pour que notre message de prévention soit entendu et repris  par la population.

Et pourtant, nous ne sommes pas des intégristes de la répression ni des intégristes de la Sécurité routière, je dis nous car je suis personnellement engagée dans ce même combat, nous ne sommes que des parents et des grands-parents et que ce que nous voulons c’est l’application du principe de protection de nos enfants, de tous les enfants du monde en leur évitant une mort stupide ou un handicap qui ampute leur vie du primordial.

Il faut continuer  à sensibiliser nos enfants et nos petits enfants car ils sont notre avenir, c’est par eux que renaîtra la citoyenneté et que disparaîtra la violence sous toutes ses formes.

 

 

ALORS NON, L’INSECURITE ROUTIERE NE PASSERA PAS PAR NOUS.

 

Je vous remercie. »

 

 

 

 

Voilà, la première étape de mon combat en tant qu’élue contre la violence routière. C’est ma petite pierre à l’édifice gigantesque que représente cette lutte de tous les instants contre l’absurdité et la stupidité de certaines conduites irresponsables au volant.

J’espère que ce n’est pas la dernière…




 

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