Premier bilan

La notion même de Sécurité, devait aussi être revue et corrigée par le regard que porte une femme, par la sensibilité et l’approche qu’elle peut en avoir, différente de celle d’un homme. Je pouvais alors en modifier les contenus et sans rougir de cette responsabilité, freiner toute dérive sécuritaire et répressive.

Je voulais cristalliser mon action là où on ne nous attend pas, c’est à dire la prévention de la délinquance (j’aurais bien voulu parler de la délinquance économique et environnementale, mais ce n’est pas dans ma compétence de Conseillère Régionale) et la Sécurité (pas que des biens des nantis mais des personnes victimes de délinquants de toute sorte qui mettent à mal le concept même de démocratie en transgressant toutes les lois du savoir-vivre ensemble).

 

Cette commission majoritairement masculine dans la précédente mandature où elle avait été créée à la demande de la Droite, (c’est hors des compétences de la région une politique volontariste de celle-ci) avait travaillé plus particulièrement à la mise en place des Contrats locaux de Sécurité et du volet Justice du Contrat de plan état région (création des Maisons du Droit et des antennes de Justice, facilitant l’accès aux procédures judiciaires de toute une partie oubliée de la population ainsi que l’aide aux victimes (agressions, vols, catastrophes naturelles, etc.).

 

J’ai donc été très étonnée lors de ma première réunion de constater que nous étions 15 femmes pour 10 hommes.

Les hommes étant d’ailleurs les grands absents lors des réunions. La Commission s’était féminisée et chacune d’entre nous, tout parti  confondu, apportait sa perception et sa conception de ce que nous devions en faire. Et nous voulions toutes la même chose. J’ai d’ailleurs noué des liens d’amitié avec certaines élues (PS, Société civile et PC) qui sont sensibilisées par les mêmes questionnements, et j’ai même réussi dès la première réunion à avoir le soutien des élues de la droite sur mes projets.

 

Cependant, il faut savoir qu’à l’inverse  de la configuration de la précédente mandature, où les Vice-Présidents n’avaient qu’un rôle de représentation sans pouvoir,  les Présidents de commission aujourd’hui n’ont aucun pouvoir décisionnel, ils ont un rôle de proposition, d’animation de débats,
de présentation de la politique définie en amont par l’exécutif, c’est à dire le Président M. Vauzelle, ses conseillers et les Vice-Présidents du Conseil Régional.

 

C’est donc, ensuite, à nous Présidents de commission, d’instaurer avec nos Vice-Présidents et les conseillers politico-techniques, délégués à nos thèmes de travail, une relation de confiance sur notre capacité à suggérer, réfléchir, organiser et gérer les orientations politiques choisies par nous.

Et aussi,  faire la preuve de notre capacité à fédérer la majorité des commissaires sur des projets.

C’est donc après de nombreuses réunions internes avec mon Vice-Président Joël Canapa et le Conseiller du Président, Guillaume Thieriot (devenu en 2008, Directeur du Cabinet de Michel Vauzelle), où j’ai eu à convaincre de la légitimité de mes projets sans éluder le débat et dans la négociation courtoise où l’on donne pour recevoir, que j’ai pu faire émerger des axes de travail prioritaires pour moi et sur lesquels j’ai eu le soutien de toutes les femmes de ma Commission :

·        la Sécurité routière (avec Christine Sandel, élue verte du Var)  

·       la prévention des maltraitances, conjugales et familiales avec la protection des mineurs, le Droit des enfants et la lutte contre le trafic d’enfants, par le biais du réseau REMI (réseau euroméditérranéen des mineurs isolés)

 

Le  réseau REMI  (source : bilan de la mission Sécurité)

« Constatant le nombre croissant des mineurs isolés et errants sur leur territoire dans des conditions mettant gravement en danger leur intégrité physique et morale, pouvant être parfois la proie de réseaux d'exploitation criminels multiples, un certain nombre de collectivités concernées du pourtour méditerranéen conviennent de créer un dispositif commun de protection et de prise en charge des enfants conformément aux disposition de la convention internationale et plus particulièrement des articles 2, 3, 4 et 5.

Les 25 et 26 novembre 2002, le Conseil régional a pris l’initiative du lancement du Réseau euroméditerranéen des mineurs isolés (REMI).

  • Sensibiliser les Etats concernés au phénomène de l'errance et de l'exploitation des jeunes par les réseaux criminels,
  • Apporter une aide au traitement des situations individuelles des mineurs concernés par l'échange des informations et des savoir-faire des équipes de terrain,
  • Assurer la liaison entre les équipes éducatives des pays concernés,
  • Organiser des sessions de formation internationales communes pour les personnels traitant ces situations : travailleurs sociaux de secteur public et associatif, magistrats du siége et du parquet, policiers et fonctionnaires

Signataires :

La Région Provence-Alpes Cote D'Azur - La Région Toscane - La Région Campanie - La Région de Vénétie- La Région Andalousie - La Generalidad de Catalunya - La Province de Lucca

Le Conseil Général des Bouches-du-Rhone - Le Conseil Général de Vaucluse - Le Conseil Général de Paris - Le Conseil Général de Haute Corse

- La Ville de Rome - La Ville de Marseille - La Ville de Lyon.


Programme des élections régionales

 

Mais la Commission que je préside se doit aussi de respecter le programme de la Gauche Unie et des Ecologistes, à savoir :

 

Le droit à une sécurité pour tous à travers la Sécurité dans notre vie quotidienne, c’est à dire dans nos communes ; nos transports ; notre travail ; notre logement ; « l’établissement de nos enfants » ; nos loisirs.

 

La politique de sécurité et de prévention est une compétence régalienne de l’Etat et non des collectivités territoriales en compétence transférée. Il convient donc de mener des actions complémentaires et ciblées.

 

La lutte contre les violences conjugales et plus généralement les violences faites aux femmes et prévenir ce type de violences souvent mal appréhendées par les instances policières et judiciaires.

 

Mission Sécurité

La mission Sécurité du conseil Régional malgré son peu d’effectif,  a réalisé un énorme travail de constitution de réseaux externes avec la Police Nationale, le Ministère de la Justice, la Société civile oeuvrant dans le cadre de la prévention et de la Sécurité « solidaire »

Nous commençons à travailler en Conseil de délégation sur nos propres orientations où la force de notre passion pour les projets auxquels nous sommes attachés soutient notre argumentation. Il faut nous battre non seulement pour imposer nos idées, notre conception et notre vision de la société mais il faut tenir compte aussi des contraintes budgétaires qui vont nous être imposées par la  loi de décentralisation. En effet, d’une façon générale, notre capacité à financer des actions même si le projet est notoirement d’intérêt général, va être substantiellement réduite.

 

J’ai réussi à  faire l’unanimité des Commissaires sur le projet REMI et le projet de Prévention routière. Il reste à élaborer un programme de soutien des actions qui vont permettre notre lisibilité, nous, majorité du Conseil régional.

A ce titre, j’ai rencontré des acteurs de la société civile avec lesquels je pense pouvoir définir le cadre d’une collaboration en ce sens.

 

Rencontres avec la société Civile

En trois mois, j’ai rencontré les associations suivantes et fait le point sur les articulations possibles entre mon propre projet et leur action.

 

§        Ligue contre la violence routière des Alpes Maritimes

§        CHCR d’Avignon

§        Mission Droit des Femmes de la Préfecture des Alpes –Maritimes

§        Stop Violences Femmes Aix en Provence

§        Les Arts autrement

§        Association Jeunes Errants 2 fois pour préparer la conférence de Tanger de fin septembre et la signature d’une convention entre le Maroc et la Région PACA pour le réseau REMI

§        Esclavage Tolérance zéro

§        Ligue Varoise de Prévention avec les quels j’ai suivi plusieurs de leurs missions de nuit sur Toulon et Ollioules le 6 juillet.

§        La Maison des parents de Toulon qui est une structure dont je souhaite soutenir la création sur les Alpes Maritimes.

 

J’ai également participé au Comité de pilotage Sida-Toxicomanie dont je suis membre sur Marseille et à une réunion du FRIS (Fonds régional d’intervention sociale).

 

Tout ceci, bien évidemment demande également la concertation avec les instances politiques dont dépend ma commission et j’ai eu à ce sujet de nombreuses réunions à Marseille pour faire avancer ce qui je pense être prioritaire. Tout est dans l’art de négocier avec bonne humeur mais fermeté et surtout motivation et ténacité.

 

En conclusion, je souhaite que mon mandat me donne la possibilité de travailler à la transformation de la société dans ce que je crois être de l’intérêt collectif et non pas de l’intérêt individuel et de la satisfaction des ambitions personnelles à court terme.

Mon mandat, je l’exerce à temps plein, mais je refuse de sacrifier ma vie personnelle. Je veux voir grandir mes petits-enfants car cet équilibre là me sert de base pour mener à bien  les missions politiques qui m’ont été confiées.

 

La société ne peut se transformer que si les convictions  s’appuient sur l’intégrité de ceux qui les portent.